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Sur cette page je vous propose régulièrement de suivre les conseils sur la vigne de  Columelle, un célèbre agronome romain du milieu du 1er siècle.

 

Poiur le présenter voici quelques infos 

Lucius Iunius Moderatus Columella dit Columelle est un célèbre agronome romain du milieu du Ier siècle, né à Cadix en Hispanie Bétique.

Il vécut sous le règne des empereurs Tibère et Claude Ier. Après quelques années passées dans l'armée, où il occupa le poste de tribun en Syrie en 35, il se consacra à l'agriculture.

C'était un grand propriétaire terrien et il administrait lui-même ses biens. Pour se perfectionner, il avait voyagé dans les différents pays de l'empire romain afin d'en connaître les productions, les différentes méthodes de culture et de s'instruire de tout ce qui concerne l'économie rurale : non seulement en Espagne (sa patrie), mais aussi en Italie, en Asie et en Afrique. Il se fixa ensuite à Rome pour rédiger son œuvre.

 

Il écrivit un livre sur la viticulture, je vous propose de régulièrement siuvre ses écrits:

 

Bonne Lecture:

 

12 Avril 2010

Du vignoble à établir.

I. « J'AI chanté jusqu'alors la culture des champs, »
comme dit le grand poète : car rien ne nous empêche, P. Silvinus, nous qui allons parler des mêmes objets, de commencer ce livre par ce vers de son poème célèbre. Nous sommes arrivés aux soins que réclament les arbres, qui sont certainement la principale partie de l'agriculture.
Leurs variétés sont nombreuses et se présentent sous des formes diverses. En effet, ainsi que le dit le même auteur :
« Plusieurs espèces viennent d'elles-mêmes, sans y être contraintes par l'homme; »
comme aussi il y en a un grand nombre qui ont été créées par notre industrie. Mais celles qui ne viennent pas par le secours de l'homme sont brutes et sauvages, et rapportent des fruits ou des semences qui tiennent de leur caractère; tandis que celles qui sont secondées par le travail donnent des fruits plus propres à notre nourriture. C'est donc d'abord de ce dernier genre d'arbres qu'il faut parler, puisqu'il nous fournit des aliments. On en forme trois classes : car d'un rejeton provient ou un arbre, comme l'olivier; ou un arbrisseau, comme le palmier des champs ; ou bien un végétal que je ne saurais, à proprement parler, appeler ni arbre ni arbrisseau, comme est la vigne.
Nous la plaçons à bon droit avant tous les plants, non pas tant pour la délicatesse de ses fruits, que pour la facilité avec laquelle elle répond aux soins dont elle est l'objet, presque dans toutes les contrées et sous tous les climats du monde, si l'on en excepte les régions ou glacées ou brûlantes ; elle prospère à la fois, et dans les plaines et sur les coteaux, autant dans les terres compactes que dans celles qui sont meubles, souvent même dans un fonds ou gras ou maigre, sec ou humide. Elle est donc la plante qui supporte le mieux les températures les plus opposées, soit qu'on la cultive sous le pôle boréal, soit qu'on la transporte sous le pôle austral, sujet aux orages. Il importe pourtant que vous sachiez quelle espèce de vigne vous devez préférer, et quelle culture elle exige, suivant l'état du pays. Cette culture n'est pas la même sous toutes les températures ni dans tous les terrains ; et l'on n'admet pas indistinctement la même variété de cépage. Il n'est pas facile de dire quelle est la préférable, puisque l'expérience seule peut nous apprendre ce qui convient plus ou moins à chaque pays. Au reste, un agriculteur intelligent saura que le genre de vigne qui supporte sans préjudice les brouillards et les frimas convient à la plaine ; que celui qui ne redoute ni la sécheresse ni les vents, se plaît sur les coteaux. Il donnera à un sol gras et fertile une vigne de nature faible et qui soit peu féconde ; à un sol maigre, une vigne productive ; à une terre compacte, celle qui s'emporte en rameaux multipliés ; à un terrain léger et fertile, celle qui ne projette que peu de sarments. Cet agriculteur saura que, dans un terrain humide, il ne serait pas avantageux de cultiver des raisins à grain tendre et gros, mais au contraire dur et petit, renfermant beaucoup de pépins : il n'en est pas de même eu terrain sec, qui admet les différentes espèces. Il n'ignorera pas non plus qu'après ces considérations, il faut, plus qu'à tout le reste, avoir égard à la nature du ciel, froid ou chaud, sec ou humide, calme ou sujet à la grêle et aux vents, serein ou nébuleux. Dans les contrées froides ou nébuleuses, il placera convenablement deux espèces de vignes : ou les précoces dont les raisins, mûrissant plus vite, préviendront l'arrivée de l'hiver ; ou celles qui ont le grain ferme et dur, et dont les grappes se nouent sous les brouillards, et dont le fruit s'adoucit à la gelée et aux frimas, comme les autres par, l'effet des chaleurs. Sur les lieux exposés aux vents et aux bourrasques, il établira la vigne qui produit un raisin ferme et dont le grain est dur. Au terrain chaud, il confiera les espèces tendres et productives ; au terrain sec, il destinera celles que les pluies et les rosées continuelles pourriraient ; au terrain humide, celles qui souffriraient des sécheresses ; aux lieux sujets à être frappés de la grêle, celles qui sont pourvues de feuilles dures et amples, pour mieux protéger leurs fruits. Au reste, toute contrée calme et sereine reçoit toute sorte de vignes, plus avantageusement pourtant celles dont la grappe ou les grains se détachent de bonne heure. Mais si on peut, selon ses voeux, choisir pour son vignoble la nature du sol et celle du ciel, le meilleur emplacement, comme le dit Celse avec beaucoup de raison, sera un sol ni trop compacte ni trop léger, cependant assez meuble ; ni maigre ni très gras, fertile toutefois ; ni en plaine ni escarpé, mais plutôt élevé ; ni sec ni mouillé, pourtant médiocrement humide ; qui ne voie pas sourdre d'eaux ni à sa surface ni au dessous, et fournisse cependant aux racines une moiteur suffisante, mais qui ne puisse, amère ou salée, gâter le goût du vin, ni couvrir, comme d'une certaine croûte de rouille, la verdure des jeunes pousses, s'il faut nous en rapporter à Virgile, qui dit :
« Un terrain salé et reconnu amer est préjudiciable aux productions ; on ne saurait l'adoucir par le labourage ; il fait perdre au vin sa qualité, et aux fruits leur bonne réputation. »
Au surplus, comme je l'ai dit plus haut, la vigne ne veut ni une température glaciale ni un climat brûlant ; pourtant elle s'accommode mieux de la chaleur que du froid ; les pluies lui nuisent plus qu'un temps constamment beau ; elle préfère, une contrée sèche à une contrée pluvieuse ; un air soufflant modérément et avec douceur lui est salutaire ,tandis que les tempêtes lui sont nuisibles. Telles sont les conditions du ciel et de la terre qui lui sont les plus avantageuses.


 

 


 


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