Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

Entretien de la vigne - Gérer l'enherbement au rouleau

( Publié le 10/05/2010 à 17h06 )

Le rolofaca est un rouleau écraseur de végétaux imaginé au Brésil. Il permet de freiner la croissance des herbes dans l'inter-rang en le transformant en paillis. Le témoignage de Didier Vazel vigneron en Anjou.

Le rolofaca : un drôle de nom pour une technique encore confidentielle. Le rolofaca est un rouleau écraseur de végétaux imaginé au Brésil. En France, il a fait son apparition dans le secteur de grandes cultures mais aussi en vigne, notamment en Alsace. “Des viticulteurs biologiques ont été séduits par le rolofaca. Il permet de ‘coucher’ le couvert, de l’écraser en cassant les tiges des adventices. Le couvert va ainsi sécher et créer une sorte de paillis, explique-t-on à la chambre d’agriculture du Haut-Rhin. Le rolofaca doit être passé entre la fin juin et la fin juillet.”

rolofaca1


Le rolofaca est un rouleau écraseur imaginé au Brésil (© Chambre d'agriculture du Haut-Rhin)

Didier Vazel, vigneron en Anjou, a lui aussi adopté le rolofaca. Ce militant de la viticulture durable, président national de la fédération Terra Vitis, a trouvé dans cet outil un bon moyen de supprimer les herbicides et de favoriser la biodiversité et la vie du sol. “J’ai enherbé mes vignes, j’ai semé des bandes fleuries sur certains inter- rangs. Je pratique une gestion simplifiée des allées. Nous ne tondons plus les inter-rangs, ou une fois par an tout au plus. Le rolofaca nous permet de gérer l’enherbement : il pince le couvert végétal et freine sa croissance.” Le vigneron effectue un seul passage entre la mi-juin et la mi juillet. “Les carottes sauvages, les picris ne se relèvent pas après le rolofaca. Les fleurs quant à elles supportent très bien le rouleau”. Le paillis formé par le couvert desséché limite la pousse de nouvelles adventices et lutte efficacement contre l’érosion, le ravinement des pluies. “Sur terrains séchants, le rolofa permet de mieux garder l’humidité du sol”, relève Didier Vazel.


Utiliser une telle technique nécessite une certaine remise en cause : “il faut accepter que les allées ne soient pas très ‘propres’, on doit l’expliquer aux visiteurs. Mais le gain de biodiversité est réel, j’ai par exemple des légumineuses, des chicorées. Le gibier trouve gîte et nourriture dans le couvert”. Pour les vignerons utilisant le rolofaca, cette technique ‘douce’ a plus d’intérêt que la tonte qui conduit à un appauvrissement du couvert en terme de nombre d’espèces. “La tonte du fétuque par exemple ne fait que l’inciter à repousser et à puiser dans les ressources en eau”, remarque Didier Vazel.

400 kg au mètre

Certains distributeurs commercialisent des rolofaca adaptés à la viticulture mais bien des vignerons ont du “fabriquer” eux-mêmes leur outil avec un matériel de récupération. Le rouleau peut être plein et muni de barres saillantes qui vont pincer les adventices ou être constitué de plusieurs roues dentées. “Le rouleau doit être suffisamment lourd pour être efficace. Il doit peser de 300 à 500 kg”, précise David Marchand de la chambre d’agriculture du Haut-Rhin. “400 kg au mètre sont nécessaires, indique Didier Vazel. Pour tracter le rouleau, je n’ai pas besoin d’un tracteur très puissant. Une cuve placée au-dessus du rolofaca et remplie à moitié de sable permet de faire poids et je passe le rouleau à une vitesse de 7 km environ”.

 

 

 

link

Partager cette page

Repost 0
Published by

des-gus-degustent.over-blog.com

Rechercher

Liens