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Voici un article de l'Est Agricole sur la gestion du sol de Patrick Meyer à Nothalten.

J'adhère a l'idée qu'il est important de respecter les sols et sa structure pour avoir une vigne équilibrée. Dès que possible je retournerai voir Patrick Meyer pour voir l'évolution de son matériel.

L’EST AGRICOLE ET VITICOLE N° 25 . VENDREDI 20 JUIN 2008 . PAGE 44 - VIGNE

Travail du sol, domaine Julien Meyer à Nothalten - L’agroécologie de Patrick Meyer

Inlassable perfectionniste du travail du sol, Patrick Meyer à Nothalten, teste sa dernière construction, des disques ondulés et indépendants suivis de dents Kémink. Peu importe les railleries, les sols de cet agroécologue travaillent, sont noirs d’humus et donnent du goût au vin. Rien n’est jamais acquis et tout est toujours supposé être en perpétuelle évolution. Depuis qu’il est viticulteur, Patrick Meyer n’a jamais cessé de rechercher de nouveaux outils pour travailler ses sols de vigne. Sans doute parce qu’il attache au moins autant, sinon plus, d’importance à la qualité de ses sols qu’à la vigne et au vin, bien que sa vinification soit empreinte d’une grande personnalité, Patrick Meyer sort du cadre viticole conventionnel. Mais à moins de démontrer qu’on peut faire du vin en culture hors sols, jusqu’à preuve du contraire, le vin vient de la terre. C’est donc à la terre que cet agroécologue, rompu aux techniques de conservation des sols, attache ses premiers soins. Il pratique une agronomie écologique qui refuse la fatalité de l’équation de perte des sols. Et il puise son inspiration chez les Manfred Wenz à Ottenheim, juste de l’autre côté du Rhin en face de Marckolsheim, ou chez Jacky Dupety, “Monsieur BRF”. Qui aujourd’hui, au quotidien dans la gestion de ses sols, cherche à ne pas les tasser, à ne pas les lisser, à ce qu’ils séquestrent du carbone sous des formes fertiles, à ce qu’ils respirent et ne retiennent pas le gaz carbonique qu’ils libèrent, à ce qu’ils minéralisent moins et produisent davantage d’humus ? Régulièrement, Patrick Meyer teste de nouvelles dents, de nouveaux interceps, effectue telle ou telle modification, adapte un rouleau, un rolofaca, une dent Kémink, etc. Combien d’interceps, de dents, de rouleaux, de rasettes, de disques a-t-il essayé ? Son objectif est le suivant : avoir des sols viticoles qui travaillent au service de la vigne, des sols physiquement, chimiquement et biologiquement actifs, sans tassement, des sols qui restituent les éléments minéraux à la vigne, pour obtenir des raisins plus riches en “sel minéraux” et des vins avec plus de sapidité.

Eternel insatisfait.

Le dernier châssis vient de subir l’ultime coup de baguette de soudure. Il comporte des disques ondulés indépendants montés sur joints silent-blocs, une rangée de 4 dents Kémink, et deux autres encore mais à écartement variable pour passer à l’extérieur de la roue de tracteur, très exactement au niveau du passage du disque cranté qui sert de “cavaillonage”. Ce châssis doit encore recevoir un rolofaca, placé derrière les dents Kémink. Patrick Meyer n’a jamais craint de s’attirer les railleries d’un vignoble parfois trop conservateur et assuré de ses pratiques. L’aspect général de la dent Kémink est des plus rudimentaires. Comme le rolofaca, c’est un outil trop simpliste pour être considéré. Et pourtant, tout se joue dans l’inclinaison de l’angle d’attaque. Peu inclinée, la dent ne peut donc jamais travailler dans un sol trop sec. Elle respecte la terre et évite de brûler du fioul et de la matière organique inutilement. Quant aux disques ondulés, ils tranchent l’herbe verticalement, exercent un effet de foisonnement et finalement freinent la pousse de l’herbe à un moment où la vigne a besoin de cette énergie pour constituer ses tissus.

Aspect de viticulture approximative ?

Au niveau du châssis du tracteur, l’attelage contient deux disques crénelés montés sur un intercep Wilfried Rust, à Meckenheim D-67149. Ils “bougent” toute l’herbe et la retournent de manière à ce qu’elle dessèche ensuite. L’aspect extérieur du travail semble approximatif par rapport à l’effet recherché de désherbage mécanique sous le rang, un aspect approximatif conforme à l’idée que l’on se fait encore de la bio en voyant deux chardons et trois coquelicots égayer les couleurs des cultures. Mais, en creusant au pied du cep, l’herbe a été complètement et parfaitement arrachée tout autour. L’inclinaison du disque et son angle d’attaque sont deux données essentielles. Patrick Meyer finit le travail avec une dent Kémink, toujours placée à l’extérieur de la bande de roulement : “Je ne travaille jamais la terre sous la bande de roulement, sinon au passage suivant on la “recompacte” davantage encore”, explique-t-il. Les dernières considérations de Patrick Meyer en matière de conservation des sols viennent des essais réalisés par Manfred Wenz en Ukraine sur des cultures de pomme de terre et des techniques bois raméal fragmenté (BRF) qui visent à stimuler l’humification par les champignons, plutôt que la minéralisation pas les bactéries. Là encore, puiser des idées trouvées quelque part en Ukraine et dans les techniques de BRF risque de susciter des railleries. Rendez-vous l’année prochaine.

D. L.

Rolofaca à Nothalten

Hubert Gerber à Nothalten a construit un rolofaca avec les dimensions suivantes : diamètre, 40 cm, largeur des couteaux, 9 cm, épaisseur des lames biseautées, 7 mm, hauteur des lames, 5 cm, espacement à la base des lames, 9 cm, et poids, 350 kg. Le passage de rolofaca a lieu en même temps que le palissage. La réduction de consommation de fioul est considérable par rapport à l’utilisation d’une faucheuse. La photo montre l’effet de “paillage” ce printemps avec, pas de passage (à gauche) et deux passages (à droite). L’effet est similaire à un désherbant dilué. Sur d’autres parcelles conduites en enherbement permanent et non rénové, on note clairement une modification de la flore avec l ’émergence de trèfle blanc dans de nombreux cas. On observe également un changement de couleur de la terre : elle est plus noire sous l’enherbement. L’aspect général du désherbage sur le rang semble très grossier. Sous le cadre : deux rangées de disques ondulés puis 4 dents Kémink (et un rolofaca pas encore installé). En dégageant la terre autour de tous les pieds, on constate qu’ils sont parfaitement désherbés tout autour. Les disques ondulés trancheurs ont plusieurs effets : ils sectionnent l’herbe à la racine, ne désorganisent pas les horizons pédologiques et permettent les échanges gazeux. Ils créent un mulch protecteur avec beaucoup d’herbe et peu de terre. Pour le désherbage sur le rang, Patrick Meyer utilise un disque cranté monté sur châssis Wilfried Rust, réglable très finement. Aspect de la parcelle après un passage des disques ondulés et 4 dents Kémink sur une herbe de 50 cm de hauteur. La concurrence est freinée. La structure du sol est préservée. Des saignées verticales sont destinées à stimuler sa biologie et sa chimie. La dent Kémink n’a pas d’angle d’attaque oblique. Si la terre est sèche, elle ne rentre pas. Elle opère juste une petite “saignée” et ne désorganise par les horizons pédologiques.


source: http://www.degustateurs.com/forum/forum_posts.asp?TID=12008&PN=1

 

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