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Pourquoi la bio-dynamie intéresse-t-elle tant les viticulteurs ?


Article tiré de Lebendige Erde n°5/2008 par Georg Meissner
Georg Meissner expérimente la viticulture bio-dynamique à l’Institut de recherche de
Geisenheim (Forschungsanstalt Geisenheim, Fachgebiet Weinbau, von-Lade-Str. 1, D-65366
GEISENHEIM, georgmeissner@yahoo.de)


Ces dernières années, la viticulture bio-dynamique s’est développée dans le monde entier.
Cet essor a débuté par la conversion de quelques domaines parmi les plus réputés en France dans le milieu des années 80 et au début des années 90. La motivation était alors principalement de produire un vin de très grande qualité. Des expériences ont montré que les pratiques bio-dynamiques ont des effets très bénéfiques sur la qualité en viticulture. Il est
cependant difficile d’estimer le nombre de domaines en bio-dynamie ou en conversion vers la bio-dynamie.
Le phénomène se développe dans le monde entier. Des domaines viticoles réputés travaillent en bio-dynamie aux Etats-Unis, en Amérique du sud (à une échelle différente avec des domaines composé de jusqu’à 1000 ha de vignes), en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du sud et bien sûr dans les pays européens. Il est intéressant de remarquer que la
conversion réussie d’un domaine viticole réputé est toujours un moteur de conversion pour de nombreux autres domaines. D’autres domaines réputés suivent en effet rapidement. Bien souvent, ces domaines entament une conversion sans vraiment connaître les fondements de l’agriculture bio-dynamique et encore moins ceux de l’anthroposophie. Cependant, le travail avec les préparats et l’approche plus globale de l’agriculture entrainent pour beaucoup une réorientation. Après un certain temps, l’intérêt pour les fondements apparaît. J’ai souvent remarqué une sorte de satisfaction intérieure soudaine chez les viticulteurs. De plus,
beaucoup travaillent à rompre la monoculture de la vigne et à s’orienter vers l’organisme agricole ou l’individualité agricole. Or, la notion d’individualité semble évidente pour de nombreux viticulteurs, car  les vins mis en bouteille proviennent de vignobles bien déterminés. La notion de différences de terroir (lieu et site particuliers), qui différencie un domaine d’un autre, n’est pas nouvelle pour les viticulteurs. L’homme, le viticulteur, devenant ensuite transformateur à la cave, joue également un rôle important et un rôle de
médiateur, reconnu par le consommateur.

 

Quel principe de l’agriculture bio-dynamique s’avère particulièrement efficace ?


La vigne, en tant que plante, réagit très vite à un bon travail avec les préparations. En viticulture, l’Etre de la vigne ne peut pas réellement s’exprimer. Nous la greffons sur un support étranger et nous la reproduisons uniquement par bouturage, et cela depuis des siècles. Cela est déjà responsable de déséquilibre. Je pense que les préparats ont ici un effet
très positif. Steiner avait déjà fait remarquer, dans son cours aux agriculteurs, que le problème du phylloxéra aurait pu être résolu différemment grâce aux méthodes de l’agriculture biodynamique.


Que pouvez-vous aujourd’hui affirmer – vous ou d’autres chercheurs - concernant les effets sur la vigne et le vin ?


Il existe de nombreux rapports et observations basés sur la pratique. Nous avons déjà pu confirmer certains faits dans nos essais au cours des premières années. A Geisenheim, nous sommes cette année dans notre 3ème année d’expérimentation. Cette expérimentation consiste en une étude comparative de la viticulture conventionnelle, biologique et biodynamique
sur un vignoble expérimental. De plus, nous réalisons des variantes culturales
avec des dates de pulvérisations de silice différentes. Nous avons déjà des résultats très intéressants dans les premières années de conversion. Mais j’estime qu’il est encore trop tôt pour généraliser ces résultats. Cela confirme néanmoins les tendances dont j’ai toujours entendu parler dans la pratique. Les grappes de raisin sont moins compactes dans les 2
versions de culture biologique, la version bio-dynamique a même permis d’obtenir les grappes les moins serrées en 2007. La croissance est également plus harmonieuse, avec moins de gourmands, ce qui joue bien sûr sur la santé de la vigne. Nous avons également réalisé cette année quelques séries de feuilles d’après la méthode de Bockemühl. Elles sont vraiment très intéressantes. Nous avons également des résultats intéressants avec la
méthode des cristallisations sensibles : le Dr. Jürgen Fritz, de l’université de Bonn, a analysé les grappes, le moût et le vin. Il a ainsi pu faire un classement qualitatif des différentes variantes culturales en 2006. Il est intéressant de voir que la variante conventionnelle donne ici les plus mauvais résultats, suivie cependant de la variante en agriculture bio-dynamique
sans pulvérisation de 501 – variante avec uniquement pulvérisation de 500 et utilisation du compost avec les préparats. Nous avons donc également pu remarquer un déséquilibre en agriculture bio-dynamique.


Dans quels domaines y a-t-il encore la recherche est-elle encore nécessaire?


Dans la recherche qualitative, notamment au sujet du travail de Bockemühl, dans l’objectif de se rapprocher de l’être de la vigne. Il est également temps de faire de la science empirique en viticulture. Je suis à ce sujet en contact depuis déjà longtemps avec Ton Baars du professorat biodynamique de Kassel-Wintzenhausen.

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des-gus-degustent.over-blog.com

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