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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 09:30

La biodynamie au fond c’est simplement une dynamisation  du monde vivant qui nous entoure. On l’obtient  par des synergies de substances naturelles (préparations biodynamiques) dont il faudrait parler plus dans le détail  et qui agissent comme des catalyseurs de forces.

Si la biodynamie se developpe en viticulture dans le monde entier c’est surtout par ce qu’elle a naturellement rendu le vin meilleur; c’est parce qu’elle permet a la vigne de générer des gouts que l’on avait oublié, des gouts vrais qui vous touchent et qui sont dénués de tous ces artifices que la technologie a artificiellement apportés au cellier. Trop souvent le consommateur les prend a tord pour des gouts de terroir.

Il faut savoir que dans les vins d’AOC, il peut y avoir légalement plus de 3OO gouts arbitraires qui vont de la banane, au cassis, en passant par le fruit rouge et la prune ! Ils sont  très souvent obtenus  par des levures dites « aromatiques » créés  par génie génétique, bien que la loi permettent de ne pas le dire.

Toutes ces dérives  pourraient  facilement être évitées en France par une compréhension plus profonde de l’agriculture. Notre pays par toutes ses diversités climatiques et géologiques a une immense richesse naturelle de terroirs qui sont a l’origine de la création de nos AOC.  Au lieu de s’en servir comme d’un formidable atout économique, on les a trop souvent détruits ou abîmés. Comment les retrouver et aider la vigne a bien les saisir ? C’est simple.



D’abord, bien sur, il faut a tout prix, et totalement,
éviter toutes ces molécules de synthèse par ce qu’elles sont de véritables poisons énergétiques qui désorganisent considérablement ces forces dont nous avons parlé plus haut.

Aujourd’hui un grand nombre de viticulteurs se disent « à 95% bio ou biodynamie » ce qui n’a pas de sens. Le poids des molécules de synthèse par rapport au poids de la vendange c’est infime. Mais l’effet est catastrophique. Comprenons bien que désaccorder un instrument de musique de I% ou même de I/OO c’est le rendre  inutilisable pour un musicien avertit !

 

 

 

Ensuite, en un 2eme temps, il faut analyser les forces qui sont en jeux sur son vignoble. En fonction de la latitude ou l’on est, de l’altitude, de l’orientation des pentes, des vents dominant, de la climatologie etc. on va devoir trouver quelles essences de plantes, quels animaux domestiques, quels jeux de préparations en biodynamie doivent être renforcé. Chaque plantes chaque animal reçoit différemment ce que l’on appelait autrefois les 4 états de matière (Chaleur, air/lumière, liquide et  minéral).

Dans un lieu un peu froid ou sombre, donc  un peu trop terrestre, le fond d’une vallée par exemple ou une pente orientée Nord, ou une AOC un peu nordique,   on va renforcer l’utilisation par exemple de fumier de cheval (un des meilleurs fumiers pour le gout du vin). Le cheval par son lien presque excessif à la chaleur - il nous le montre quand on le contrarie - à la capacité de se dresser sur ses pattes arrières en se délivrant un peu des forces terrestres et de sa gravité. Une vache très lié au monde des liquides en serait bien sur incapable. Par contre, elle  pourra donner un fumier très appréciable la ou la sécheresse domine. Il  renforcera une vie microbienne particulière qui retiendra plus l’humidité (on ne se trompe jamais en mettant un fumier de vache sur une vigne).

Sur des sols, durs, arides, pauvres, - c’est dans ces sols que la vigne s’exprime le mieux -  au moment de la plantation le fumier de cochon fera merveille. Cet animal, qui a l’état sauvage se nourrit surtout de racines, nous montre - dans sa physionomie aussi - son lien particulier a la gravité. Son fumier aidera les racines à descendre, à pénétrer les plus petites failles pour s’installer en profondeur. Mais après 2 ou 3 ans d’utilisation, il faudra probablement l’arrêter, car il éloigne indirectement des forces nobles de chaleur génératrice  de gouts plus subtils.

Il faut comprendre que chaque animal a une originalité à offrir qui conviendra mieux à un endroit ou a un autre. Chaque plante aussi. Les possibilités sont immenses.

En cas de sécheresse excessive généralement generatrice d’un stress pénalisant qui influe sur  le gout du vin, il faut pouvoir trouver la plante a qui on peut avoir recours.
Doit-on choisir, la sauge, grande amie de la vigne qui allie avec douceur la chaleur a l’humidité ?
Ou le fucus vésiculeux cette algue pleine de colloïde qui la protège des agressions brulantes du sel.
Ou l’Aloès Vera – une grande thérapeute des brulures -  qui sur la cote Ouest des US a donné face a  l’acidité du soleil des résultats qualitatifs spectaculaires.

 

Nous sommes ici dans le monde qualitatif. Celui auquel les instruments actuels de mesure n’ont pas encore accès ! Comment utiliser ces plantes : en tisane, décoction macération ? Doit on les dynamiser, en faire des dilutions homéopathiques etc. ? Tout ceci n’est au fond qu’une quête de forces spécifiques, de processus de vie particuliers, qu’on retrouve aussi en médecine alternative. On peut par cette même démarche vouloir reconstruire un paysage. Laisser autour  des vignes un peu de  friches, un bois  ou un champ -même si il peut être planté en AOC -  avec  des animaux judicieusement choisis. Tout ceci agira sur la faune et sur la vie des sols. Le seul risque être d’être traité » par des « économistes » de médiocres gestionnaires !

 On peut bien sur  faire abstraction de tout cela et s’en tenir juste au passage des préparations en biodynamie une ou 2 fois par an pour bénéficier du « label » biodynamie. Mais quand on comprend que la biodynamie n’est qu’un appel ou un lien accru à des forces specifiques on ne peut s’empêcher de vouloir d’abord les reconnaître et ensuite éventuellement de les compléter.

Tout cela finalement peut être approché musicalement. Comment améliorer l’acoustique particulier du lieu et aider  la vigne a bien s’en saisir. C’est cela un vin en biodynamie.
Boire un vin ce n’est pas juste  exprimer son gout et dire que c’est plus ou moins bon. C’est aussi écouter une histoire, un chant secret, parfois rustique, parfois élégant, toujours authentique, celui que l’on a aidé la vigne a bien construire dans son raisin. C’est elle la musicienne, nous viticulteurs on  ne peut être que chef d’orchestre ; c’est à dire souligner, ou aider a bien capter les particularités d’un lieu, les tonalités, qui l’entourent. Peut être comprend on mieux maintenant le coté choquant du terme « Wine maker », le viticulteur en biodynamie est plutôt un « nature assistant ».

 

Redisons le une dernier fois tout n’est que fréquences et longueurs d’ondes, on l’a expliqué ; tout n’est qu’une somme de sons qui ont pris forme dans la matière. C’est ce que Kepler nommait la musique des sphères.

C’est à cela que la biodynamie doit mener pour qu’elle garde sa profondeur.

C’est par cela qu’elle va aider l’agriculture à redevenir un art.

Le risque aujourd’hui est que la biodynamie ne devienne une recette appliquée mécaniquement. Alors que pour être pleinement là, qualitativement, elle a besoin de sentir l’impulsion de l’homme, sa créativité, ses forces de cœur. Seul celui qui habite sur place, celui qui ressent les nuances  du lieu, peut progressivement faire des gestes justes, par sa présence et  par sa pensée qui est aussi faire de fréquences et longueur d’ondes.

 

Nicolas JOLY
Coulée de Serran

 

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Published by Des Gus Dégustent
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commentaires

EricL 02/05/2010 17:31


Ouh là ! loin de moi la prétention de définir le vin comme le font ces temps-ci les prophètes du vin nature. Non, je suis tout à fait ok avec toi, je voulais seulement dire que la bio dynamie, si
elle doit se généraliser, passera par des recettes et une certaines reconnaissance, donc effectivement par certains standards. Cependant elle exige du boulot et de la sensibilité, ce qui est une
excellente chose, vraiment, une autre sélection naturelle.


EricL 01/05/2010 10:09


Bonjour,

Oui, ok, mais bon, si l'on veut voir se répandre des pratiques plus conformes à une certaine idée du vin, il faudra bien établir des standards, rien que d'un point de vue de l'identification.

Ensuite, dans 20 ans d'autres inventeront d'autres approches et jetteront aux orties (en infusion) les actuels pionniers...


Des Gus Dégustent 02/05/2010 16:04



quel est pour toi une idée conforme du vin? 


pour ma part on ne parle pas de "vin naturel" (un bien autre problème)  mais de pratiques viticoles respectueuses de son environnement et capable d'amener la plante à l'équilibre...


Peu convaincu au début , j'ai expérimenté la biodynamie sur plusieurs parcelles de vigne pendant 5ans , j'ai été bleuffé par les resultats... de très sceptique je suis devenu un passionné.


et puis, ces pratiques ne sont pas nouvelles dans l'agriculture mais il est vrai qu'elles ont pris de l'ampleur chez les viticulteurs et c'est juste le début de quelque chose,


enfin il est fort possible que beaucoup ne le font que de manière commerciale et c'est le problème auquel on risque de se heurter dans les années à venir.



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